Compostelle et les énergies sacrées du Camino

SECTIONS TRADITIONS ET PHILOSOPHIES

Par Michel Armengaud, Extrait de Le pèlerinage à Compostelle : une quête spirituelle, Editions Diffusion Rosicrucienne, 2002.


Compostelle et les énergies sacrées du Camino

« Tout au long du parcours, le pèlerin est en contact avec le sol, avec l’énergie tellurique des lieux qu’il parcourt. Pour préserver sa forme, il doit veiller à une bonne harmonie mentale et physique. Notre marche est influencée par l’orientation de notre mental. L’une des meilleures façons de conserver un esprit sain dans un corps sain est d’utiliser nos facultés intellectuelles pour découvrir les merveilles du monde manifesté : la nature. Si Dieu demeure inconnaissable en son essence en tant que principe créateur à l’origine de toute chose, nous pouvons nous approcher de lui par la contemplation de son œuvre. Le meilleur usage que l’homme puisse faire de son mental est de l’employer à la compréhension des lois de la manifestation, des lois universelles. Selon l’expression de Philéas Lebesgue, le pèlerin est invité à avoir « un œil qui sache voir la nature, un cœur capable de la sentir, et un esprit qui ose la suivre ».

Sources et sanctuaires

Le Camino est ponctué de sources et de fontaines, dont la qualité de l’eau est attestée. Cette eau jaillie des entrailles de la terre est imprégnée de ses vibrations. Elle constitue la meilleure boisson que puisse consommer le pèlerin. Chacune de ces fontaines invite le voyageur à se désaltérer, mais aussi à s’harmoniser avec le lieu. Les vibrations de cette eau régénèrent les cellules du corps de l’homme qui la boit. Une bonne façon d’utiliser cette opportunité, ce don de la nature, est de boire et de renouveler sa provision d’eau chaque fois que se présente une fontaine. Ainsi, le pèlerin contribue à son harmonisation avec les lieux.

Sur son chemin, le pèlerin rencontre aussi de nombreux sanctuaires chrétiens. Ces sanctuaires s’inscrivent dans la tradition de l’architecture sacrée. Ils en respectent les trois conditions nécessaires :

  • implantation dans un lieu particulièrement énergétique ;

 

  • architecture adaptée, pour amplifier et harmoniser les énergies ;

 

  • orientation particulière comprise entre les directions des levers solsticiaux du Soleil en hiver et en été, ce qui permet d’harmoniser le ciel et la terre une fois par an si l’orientation est strictement solsticiale, deux fois par an si l’orientation est intermédiaire.

Tous ces sanctuaires sont des lieux privilégiés mis à la disposition du voyageur, pour y trouver repos et paix. Repos pour le corps, et paix pour le mental. Mais de plus, les énergies du haut et les énergies du bas se rencontrent au niveau des piliers, de même que la sève venue des feuilles et celle qui vient des racines se croisent au niveau du tronc de l’arbre. Ainsi, le pèlerin qui s’arrête dans la nef, entre les piliers, baigne dans un champ d’énergies vivifiantes, mais aussi favorables à l’élévation spirituelle.

Sanctuaire et Sentier intérieur

L’approche du sanctuaire éveille de bonnes émotions : le franchissement du seuil permet le retournement des envies, qui deviennent désirs nobles. Ce retournement est symbolisé par le vaisseau, ou nef, dont la charpente de bois correspond à celle d’une coque de navire retournée. Lieux de transformation des énergies, les églises sont des lieux d’harmonisation sur les trois plans de l’être : physique, émotionnel et spirituel. Elles sont ouvertes à tous les pèlerins respectueux du sacré. Ainsi définis, ces sanctuaires sont au Camino ce que les centres psychiques sont à l’homme : ils sont favorables à la méditation, qui est cette faculté d’établir un lien entre le haut et le bas ; ils sont des lieux d’harmonie entre les énergies spirituelles et terrestres. L’admission est favorisée par le recueillement dans ces sanctuaires, qui permet de communier avec les lieux, avec les autres pèlerins, et avec le Dieu de notre cœur. C’est toujours régénéré que le pèlerin reprendra la route. Malheureusement, les actes de vandalisme, fruits d’une société allergique à la morale, ne permettent pas l’ouverture permanente des sanctuaires, ce qui est très regrettable, car à leur construction, ils étaient des lieux  d’accueil et de refuge. »

Le pèlerin doit veiller à entrer régulièrement dans un sanctuaire, car s’il perd un peu de temps sur le chemin de terre, il progressera sur son sentier intérieur.