L’arbre

L'arbre

SECTION ÉCOLOGIE

Par François Hanff , extrait de la revue « Rose-Croix » 225 printemps 2008.

Parler des arbres, c’est aussitôt évoquer la nature, sa beauté, sa force et la vie qui l’anime.

Les arbres et les forêts ont toujours été présents dans la vie de l’homme et ce, depuis des temps immémoriaux. Au temps des Romains, dit-on, il était possible de traverser la France de Marseille à Lille sans quitter la forêt. Celle-ci fournissait à l’homme nourriture par ses baies et ses fruits, chaleur par la combustion du bois, soins par les nombreuses plantes médicinales (chêne, frêne…), matériaux de construction par son bois. Elle pouvait à l’occasion servir d’abri, de refuge, de cache. En période de disette, les feuilles de frêne servaient de fourrage pour les bêtes. La forêt sert d’autre part de cadre à la chasse, et offre encore de nombreuses richesses, comme entre autres les champignons. L’homme a donc vécu longtemps par elle, en elle, sous son inspiration et sous sa protection. Il n’est pas étonnant que l’arbre et la forêt aient imprégné notre inconscient au point d’en devenir un archétype, c’est-à-dire un symbole qui transcende le personnel, l’individuel et qui est l’expression d’un inconscient plus profond et collectif.

L’arbre est un symbole naturel

Il s’oppose en cela aux symboles « artificiels » ou « conceptuels » issus de la pensée humaine et qui l’aident à représenter et transcender sa compréhension intérieure de l’univers. Un symbole naturel est un élément, un objet, une forme perçue par nos sens, qui suggère à notre esprit sa nature propre mais également une représentation de quelque chose d’autre que lui-même. Pour bien comprendre un tel symbole, il est bon d’observer et d’analyser son support physique, celui que nous percevons, car c’est bien souvent de cette observation que nous tirerons les analogies, les intuitions qui nous ouvriront les portes d’une plus grande compréhension intérieure du symbole. Ainsi, une observation détaillée de la rose qui symbolise traditionnellement l’amour permettra d’en approfondir le sens. Seront ainsi pris en compte la présence d’épines, la structure pentamère de la fleur (basée sur le nombre 5), son parfum…, et tous ces éléments vont affiner, compléter notre compréhension du symbole et des lois qu’il véhicule. Nous suivons en cela le célèbre adage, « Ce qui est en haut est comme ce qui en bas » issu de la Table d’Émeraude d’Hermès Trismégiste. Cette façon de procéder, qui consiste à partir du réel pour aller vers le spirituel, a de tout temps été vantée par les mystiques. Ainsi, Bernard de Clairvaux disait : « Crois en mon expérience, c’est dans la forêt et non dans les livres que tu trouveras la vie supérieure ».

La forêt

Si nous décrivons la forêt, elle apparaît comme un milieu sombre où la lumière du soleil pénètre peu. Sous une futaie de hêtres, moins de dix pour cent de la lumière solaire atteint le sol. C’est aussi un milieu humide : les arbres transpirent et fabriquent de l’humidité qui se maintient bien sous leur couvert ; un milieu caché, car sans pénétrer dans celle-ci, il est impossible d’en voir l’intérieur ; un milieu tempéré : la température à l’intérieur y est plus fraîche en été que dans un milieu ouvert et, l’hiver, le froid y est plus modéré. Qui n’a observé, à la fonte de la neige, les cercles autour des arbres où elle a disparu en premier, découvrant la terre à leurs pieds ? Elle se présente comme un milieu sans repère d’espace : le petit Poucet se perd dans la forêt dès que les cailloux blancs qu’il a semés disparaissent. Quel chercheur de champignons ne connaît les peines de devoir retrouver son chemin à l’aide de sa seule intuition ? C’est encore un milieu sans repère de temps : nous nous situons dans le temps bien souvent grâce à la position du Soleil dans le ciel, à l’intensité de la lumière ou de la chaleur solaire ; mais dans une forêt, ces trois éléments sont très homo gènes tout au long de la journée et il n’est pas rare de perdre en son sein notre si précieuse notion de temps. À la lumière de cette description, l’analogie avec le milieu utérin, également sombre, humide, tempéré, caché, sans espace et sans temps, est évidente, et la forêt se révèle féminine et maternelle. Féminine, ce sont les dryades et les nymphes qui l’habitent, les nains et les gnomes préférant les milieux souterrains et minéraux. Maternelle, car en son sein se développe la Vie, qui, apparue dans les eaux primordiales, se développe ensuite sur terre, sous les arbres. Une forêt est un écosystème complet où la vie grouille sous toutes ses formes. Comme dans le Cosmique où l’espace et le temps n’existent pas, la forêt est un lieu sans espace et sans temps. Elle est matrice cosmique, et l’arbre est symbole du cosmos vivant en perpétuelle régénérescence. Rudolph Steiner disait de la forêt qu’elle est la chevelure de la terre, la chevelure de notre Mère la Terre. Les cheveux ont toujours été un symbole de force. Dalila prive Samson de sa force en lui coupant les cheveux. De même, les Amérindiens s’emparent de la bravoure de leur adversaire en le scalpant. Pour les Chinois, se couper les cheveux était considéré comme une mutilation. Chez les Celtes, enfin, le port des cheveux longs était une marque d’aristocratie, tradition que l’on retrouve chez les rois de France. Ainsi, la forêt est symbole de force, de puissance, une puissance qui provient des arbres la composant, qui sont des sources d’énergie importantes. Dans toutes les traditions anciennes de peuples qui vivaient en plus grande harmonie avec la nature que nous ne le faisons aujourd’hui, il existait des rituels permettant de se recharger énergétiquement auprès des arbres, de recevoir un peu de leur énergie, de leur force, pour se revitaliser. L’un d’eux, provenant de la tradition celte, se faisait après un premier rituel destiné à entrer en communication avec l’arbre : cette communication établie par une forme d’harmonisation, l’initié se mettait debout côté nord, la main gauche à plat sur l’arbre et la main droite sur le plexus solaire. Les yeux fermés, en état de réceptivité, l’initié pouvait se recharger pendant quelques minutes, dix au maximum.

Couleurs

La forêt, l’arbre et la plupart des plantes sont de couleur verte.

Il nous faut donc nous intéresser au symbolisme de cette couleur pour en approfondir les sens possibles. Le vert se situe entre le bleu et le jaune, entre le froid du bleu et la chaleur du jaune. C’est une valeur médiane, qui va permettre le développement de la vie, impossible dans le bleu trop froid ou le jaune trop chaud. C’est une couleur d’eau, féminine, rafraîchissante. Elle évoque la jeunesse, la vigueur, l’immortalité. Il existe tout un jeu entre le vert et le rouge, couleurs complémentaires. Ce jeu est bien illustré par le mythe de Perséphone, déesse de la fécondité. Elle apparaît au printemps, reste sur terre trois saisons et retourne aux enfers pendant l’hiver. Bien sûr, dans ce mythe, le sens donné aux enfers n’est pas le sens actuel. Il représentait à cette époque le monde souterrain avec toutes les richesses qu’il contient, et également le monde des morts, mais de tous les morts. Ce mythe nous montre que dans le vert du printemps sommeille le rouge de l’hiver. Le yin qui contient toujours un point de yang nous dit la même chose. Nous retrouvons cette loi dans les feuilles des arbres qui sont vertes tout le printemps et l’été mais qui virent au brun et au rouge avant l’hiver. De même, le bois, vert par essence, ne produit-il pas du rouge en brûlant ? Le vert est également symbole de Connaissance. Dans la cosmogonie orphique, la lumière de l’esprit qui a fécondé les eaux primordiales est verte. Pour les alchimistes, la lumière de l’émeraude permet de percer les plus grands secrets. Le Graal, enfin, est un vase d’émeraude ou de cristal vert, un vase qui a contenu le sang rouge du Christ.

De l’arbre à l’homme

Le symbolisme de l’arbre est lié à la verticalité. Il relie le ciel à la terre, notre Mère la Terre dont il reçoit la nourriture par ses racines, et notre Père le Ciel dont il reçoit les principes de vie par les feuilles. Il n’a pas de devant ni de derrière, son tronc est circulaire et manifeste le symbolisme du cercle : Vie, Cycles et Infini. Par l’alternance régulière de ses phases feuillées et défeuillées, il nous suggère la notion de cycle, et celle-ci associée à la longévité des arbres (un chêne peut vivre de cinq cents à mille ans, un hêtre de cent cinquante à trois cents ans) amène les notions d’infini et d’éternité. Comment ne pas penser également à la réincarnation ? Si l’arbre est la représentation du cosmos au niveau végétal, l’homme, lui, est souvent désigné comme étant la représentation du cosmos au niveau animal. Il doit donc être possible de développer une analogie entre les deux. Tous deux respirent en absorbant de l’oxygène et en rejetant du gaz carbonique, tous deux transpirent (un érable adulte transpire deux cents litres d’eau dans un été) et sont dotés d’un système circulatoire développé. Tous deux peuvent être étudiés selon une division ternaire : racines, tronc, houppier (l’ensemble des branches) pour l’arbre, et tête, thorax, abdomen pour l’homme. Les racines de l’arbre sont invisibles, ramifiées. Nos aïeux, nos grands-parents, nos parents sont invisibles dans notre personnage et pourtant ce sont eux qui nous nourrissent et qui nous construisent dans notre enfance. Notre ascendance est représentable par un arbre généalogique dont la structure ramifiée est comparable à celle des racines. Celles-ci plongent dans un milieu sombre, souterrain, humide, tempéré, dense. Là encore nous retrouvons le milieu utérin et sa signification féminine et maternelle. Est-ce bien étonnant, en parlant du sol, cet élément essentiel de la Terre Mère, nourricière éternelle à laquelle l’homme s’abreuve quotidiennement ? Les racines apportent l’eau et les éléments minéraux dans les feuilles où cela est transformé en sucres grâce à l’énergie solaire. Ceux-ci vont constituer l’élément de base de toutes les parties de l’arbre (feuilles, bourgeons, racines, etc.). C’est au cours de cette opération appelée photosynthèse que se dégage de l’oxygène et que du gaz carbonique est absorbé par la plante. De même, n’est-ce pas l’ensemble de nos expériences, notamment celles vécues avec nos parents, mais également toutes celles vécues dans d’autre milieux, expériences portées jusqu’à notre conscience par nos racines, que nous allons analyser, interpréter et transformer en matériaux utilisables pour nous construire ? Pour que les racines d’un arbre se développent bien, il faut que le milieu soit meuble (sans gros blocs), aéré, suffisamment riche en minéraux, et humide. Pour qu’un enfant se développe bien, il est nécessaire que son histoire familiale ne soit pas trop chargée de secrets, de non-dits ou d’événements traumatisants qui se présentent comme des blocs inutilisables par l’enfant et même nuisibles, car s’ils sont trop nombreux, ils occupent tout l’espace disponible. Il faut également que la communication au sein de son milieu familial soit développée (aération du milieu), que le contenu culturel apporté par ses parents soit suffisant pour permettre un développement harmonieux (richesse en éléments minéraux) et enfin, que le milieu familial lui apporte de l’Amour en grande quantité, condition indispensable et probablement la plus importante. De même, la quantité d’eau dans le sol disponible pour une plante est le facteur primordial pour sa croissance. Il est intéressant de noter qu’un excès d’eau temporaire, un sol engorgé toute la saison de végétation par exemple, est fatal à l’arbre. Dans ce cas, le sol est asphyxié, les racines ne peuvent remplir leur rôle et l’arbre va dépérir très rapidement.

En cas de sécheresse temporaire comme celle de 1976 par exemple, les arbres vont mettre en place des stratégies de défense qui vont leur permettre de patienter jusqu’à des jours meilleurs : ils peuvent limiter leur transpiration pour garder plus d’eau, perdre une partie de leur feuilles pour limiter leur consommation, stopper leur croissance pour limiter leurs besoins énergétiques. Dans tous les cas, ils réagiront mieux à la sécheresse qu’à l’asphyxie. Il est possible d’interpréter ces faits dans cette comparaison faite avec l’homme. Le tronc est visible, rigide, circulaire. Il contient tous les vaisseaux permettant la circulation de la sève et il est composé au trois quarts de cellules mortes, lignifiées. Les cellules vivantes qui composent tous les tissus de croissance forment une mince couche située juste sous l’écorce. Ne peut-on dire que tous les événements de notre passé, toutes nos expériences sont des cellules mortes qui constituent des canaux à travers lesquels nous interprétons le présent, celui-ci ne formant qu’une mince couche à la surface de notre conscience ? Les feuilles sont multiples, variées, individualisées, simples ou composées de plusieurs folioles. C’est en elles que s’opère la photosynthèse, qui transforme les éléments apportés par les racines en divers constituants nécessaires à sa croissance et à la bonne santé de l’arbre. De même, nos pensées nous permettent de transformer ce que nous apportent nos racines en éléments, attitudes, compréhension. Nos pensées sont innombrables, variées, individualisées, simples ou composées. Comme l’Adam originel, l’arbre est androgyne, mais pour chaque espèce, une polarité va dominer. Le chêne est solaire et masculin. Son fruit, le gland, est un nom masculin et désigne également la partie terminale de la verge dont il a la forme. L’écorce du chêne est épaisse et rugueuse. Le hêtre, de nature féminine, a une écorce fine et lisse, agréable au toucher. Son fruit, la faine, est un nom féminin. Il s’agit d’une bogue qui s’ouvre à maturité et laisse s’échapper une ou deux graines. L’idée de la maternité vient naturellement à l’esprit. L’analogie pourrait être prolongée dans de nombreux domaines, notamment celui du renouvellement de la forêt et de la croissance des jeunes arbres. Ainsi, les arbres comme les hommes croissent d’abord en hauteur et, seulement dans un deuxième temps, en diamètre. Cette analogie est si réelle dans notre inconscient que le psychologue suisse Charles Koch a pu trouver qu’en dessinant un arbre, un individu donne une représentation de ses états psychiques profonds, et que ce simple test permet d’appréhender son caractère. Il en donne une interprétation triple basée sur la structure : racines, tronc, feuillage. Les racines représentent notre vie souterraine, ce qui est durable, ce qui sert d’appui. Le tronc représente l’axe, le stable qui soutient la couronne. La couronne est la zone de relation avec l’intérieur et l’extérieur. C’est un organe de contact. Elle évoque nos relations avec l’environnement, le social, le milieu extérieur en général.

La sensibilité de l’arbre

Après cette étude basée sur la biologie de l’arbre, la question qui se pose est celle de sa sensibilité, voire de sa conscience.

Que peut-on en dire ? Les expériences de Joël Sternheimer sur la sensibilité des plantes à la musique sont passionnantes. Ce chercheur en physique, élève de Louis de Broglie, est également musicien. Il remarqua que, lors de la fabrication des protéines, chaque acide aminé émet une onde dont la fréquence peut être calculée. Ainsi, il put décrypter la mélodie correspondant à une protéine donnée. Ses expériences nombreuses et réalisées avec des équipes de scientifiques dans plusieurs pays ont permis de démontrer qu’en passant les morceaux musicaux spécifiques de certaines protéines, il était possible d’obtenir des modifications importantes dans le comportement des plantes par inhibition ou stimulation de certaines de leurs fonctions. Ainsi, des plants de tomates arrosés avec la moitié de la quantité d’eau nécessaire, mais auxquels on diffuse une musique « anti-sécheresse », donnent une récolte de tomates bien supérieure aux plants normalement arrosés. D’autre part, ces tomates sont plus grosses et exemptes de toute maladie. L. Edwards a réalisé des expériences sur de jeunes épicéas en pots qui montrent que leur diamètre varie avec les marées (de l’ordre de quelques centièmes de mm). Ces expériences et bien d’autres démontrent, s’il en était besoin, que les arbres sont sensibles à de nombreuses vibrations ou ondes d’origines diverses. Ils sont même sensibles aux ondes cosmiques. Dans la tradition celte, à chaque arbre est associée une planète. Maria Thun a observé, en utilisant un protocole scientifique, que les bourgeons des arbres changent de forme lorsque la planète dominant l’arbre forme une droite avec le Soleil et la Lune.

Harmonisation avec l’arbre

Pour les Celtes, les Amérindiens, les chamans sibériens et, d’une manière générale, tous les peuples qui vivent ou ont vécu en relation étroite avec la nature, la Terre est vivante, parcourue de courants énergétiques de diverses formes. En vivant en harmonie avec elle, il est possible de se « connecter » à ces différents courants et d’en retirer connaissance et puissance. Chez les Celtes, l’arbre est habité par un esprit appelé « déva ». La déva est une énergie individualisée et consciente. Elle peut être contactée par celui qui saura la voir. Le rituel celte pour entrer en contact avec un arbre est le suivant : d’abord, choisir un arbre, par intuition ; lui parler, le toucher comme on le ferait à un vieil ami ; ensuite, en faire trois fois le tour dans le sens des aiguilles d’une montre en disant une invocation à chaque tour, le troisième tour étant dédié à la Lumière spirituelle qui éclaire tout homme ; enfin, rester réceptif, en état de méditation. Ce rituel est simple, réalisable par tout un chacun, mais sa simplicité ne doit pas cacher sa difficulté pour le profane. L’harmonisation avec l’arbre est possible en se « branchant » sur la même longueur d’onde que celui-ci, ce qui suppose une grande pureté de pensée car les arbres sont, par essence, le reflet d’une réalité cosmique positive et étrangère aux préoccupations humaines. Le symbolisme de cette cérémonie la rend proche d’autres rituels et techniques que l’on peut trouver dans certaines voies initiatiques et traditionnelles occidentales. Ce type de relation avec l’arbre et la nature peut élever l’âme vers de plus hautes réalités spirituelles. Ainsi, l’arbre représente le travail que chaque homme doit faire sur Terre, c’est-à-dire, à partir de sa base terrestre, de ses racines, s’élever dans une direction verticale pour s’épanouir dans le ciel, dans les réalités célestes ou cosmiques. C’est là tout le travail de « réintégration » décrit par Louis-Claude de St-Martin. Ainsi, les arbres, par leur simple présence, nous rappellent le sens de notre vie sur Terre, et cela, dans le don le plus total car les arbres nous nourrissent, nous chauffent, nous meublent, nous soignent sans compter et sans limites. Ils nous rappellent la valeur du service, pierre angulaire de l’évolution spirituelle. Les connaissances et les expériences ne prennent leur valeur réelle que lorsqu’elles sont utilisées dans un but désintéressé au profit de l’homme et de l’humanité d’une manière générale. C’est ce que nous répètent les différentes religions, mais aussi tous les mouvements ésotériques et initiatiques sérieux.

Si l’on renverse l’arbre, il devient la manifestation de l’Absolu, de la Réalité unique et transcendante conçue comme mouvement descendant, où la pure énergie se transforme en matière et en vie. De même que la pluie du ciel mouille la Terre, l’imprègne et la rend fertile, de même l’amour divin s’est incarné dans nos ancêtres et les a rendus aptes à se prolonger dans d’autres vies. Étudier la généalogie, c’est étudier de quelle façon l’amour divin s’est manifesté dans nos ancêtres, c’est étudier de quelle manière l’amour cosmique peut se solidifier dans la Vie. Dans les Upanishad, l’univers est un arbre renversé étendant ses branches au-dessus de la Terre. L’Arbre de Vie chinois l’est également. Enfin, traditionnellement, l’Arbre séphirotique l’est aussi. Il représente la descente des énergies divines dans notre monde. À son sommet, sa racine, se trouve Kether, la sephira hors de toute connaissance, la Source divine. Elle est la graine qui contient virtuellement tout l’univers comme la graine de l’arbre contient virtuel lement l’arbre adulte. Cette graine se matérialise en l’arbre du monde et chaque sephira est une parole divine. […]